À l'avenir, des espoirs pour un tourisme plus durable
- voyagesolidaire
- 20 oct. 2020
- 3 min de lecture
Dans tous les hauts lieux touristiques de la planète, de Majorque à Bali, d’Hammamet à Acapulco, de Venise à Copacabana, les gens espèrent ...

Si le tourisme responsable semble pouvoir échapper à la stagnation et aux crises qui affectent notre secteur, ne serait-il pas temps de le débarrasser des étiquettes et autres carcans dans lesquels on cherche à le confiner ? Si certains voudraient réserver cette appellation à une minorité de randonneurs pédestres à « faible impact » dans la nature, d’autres plus opportunistes « écologisent » leurs offres comme on ajouterait la mention « bio » sur une production industrielle. Pour vendre mieux et plus cher.
Le voyage responsable doit-il être simplement « écolo » ? Se réduit-il à consommer localement, séjourner ou se déplacer en adéquation avec le mode de vie des populations autochtones. Bref, pour adopter un mode de voyage marqué du sceau de l’orthodoxie protectionniste environnementale, vous marchez jusqu’au fond de votre jardin et vous passez quinze jours à y cultiver et déguster des salades. Ne pourrait-on pas en conclure que réduire le tourisme responsable à son aspect exclusivement écologique porte en lui le germe de son antagonisme et en restreint considérablement la portée ?
Nous avons choisi pour notre part, sans remettre totalement en cause cette qualité première, de privilégier deux autres aspects vertueux d’un voyage éthique et responsable, à savoir les notions qui touchent aux sphères sociales et économiques. La question restant de trouver le parfait équilibre entre elles.
Nous souhaitons favoriser le caractère social et humain de nos programmes, parce que lorsque deux cultures se rencontrent, se comparent, échangent, elles acquièrent une vision mutuelle débouchant sur une compréhension réciproque, dont les avantages, souvent intangibles, seront réels et s’avèreront bénéfiques à long terme. Emmener un enfant ou un adolescent passer ses vacances en Asie ou en Afrique lui permettra de mieux comprendre certains aspects des bouleversements démographiques dans nos pays industrialisés.
D’autre part, nous avons voulu apporter une double dimension équitable et économique. Sortir des sentiers battus offre une chance aux populations laissées pour compte du développement touristique industriel, les aidant à lutter contre la pauvreté en les encourageant à maintenir et entretenir leurs traditions, leur culture, leur environnement. Cette dimension caritative et philanthropique constitue un apprentissage complémentaire pour nos voyageurs, et cette empreinte émotionnelle durable contribuera à développer le savoir-être et le comportement humain d’un potentiel leader.
Si le voyage responsable doit protéger les environnements naturels, préserver leur patrimoine et soutenir le bien-être des populations locales, il doit tout en s’appuyant sur des principes écologiques, développer la connaissance et favoriser la compréhension de celui qui visite, mais aussi impliquer un retour direct d'une part raisonnable des revenus générés à celui qui reçoit.
Selon l’OCDE, cinq critères définissent cette forme de tourisme : les produits naturels, la gestion à impact minimal, l’éducation environnementale, la contribution à la conservation et la contribution à la communauté. Manger local, c’est bien, mais embaucher des locaux et les former aux métiers de l'hôtellerie et du tourisme, c’est mieux. Randonner en montagne, c’est bien, mais relancer l’artisanat et commercialiser une production locale vaut mieux que de remplir les vitrines de souvenirs made in China.
Dans tous les hauts lieux touristiques de la planète, de Majorque à Bali, d’Hammamet à Acapulco, de Venise à Copacabana, les gens espèrent que la tendance croissante au voyage responsable diminuera les effets négatifs du tourisme de masse sur l'environnement et la culture locale, cessant de détruire le mode de vie, le commerce, les fondements éducatifs et les principes culturels.
À l'avenir, des espoirs pour un tourisme plus durable
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