Singapour, l'Année du Baume du Tigre
- voyagesolidaire
- 21 mars 2022
- 4 min de lecture
Un bref séjour là où les mesures de santé publique sont les plus strictes au monde. J’avais envie de partager ces moments de gloire ! Voyage So-Leader Jan 3

Bon, c’est vrai qu’il a fallu remplir des formulaires, télécharger des codes QR et des applications de traçage avant de se livrer à des prélèvements COVID-19 quotidiens, dont deux sous surveillance médicale dans des centres adaptés. Singapour est par définition une ville-état où la discipline est de mise, avec l'une des réglementations les plus strictes pour tout ce qui concerne le civisme et l’hygiène. Singapour a la réputation d'être propre, et comparé aux transports en commun de Paris, son métro impeccable offre un accès facile à tous les principaux points d'intérêt. La pandémie n’aura fait qu’ajouter de nouvelles règles à celles qui s’imposaient déjà. Beaucoup moins tactiles que les Européens, on ne s’y embrasse jamais, les poignées de main parcimonieuses, le contact personnel reste inattendu, voire repoussant. Le bon côté ? Vous vous sentez totalement en sécurité, en sachant que rien n'a été négligé. Et c’est l’occasion de voir la Cité-État sans la foule habituelle. Tant que vous suivez les règles, ça vaut le détour. Le mauvais côté ? Prévoir de débourser près de 100€ pour les trois tests PCR avant et pendant le séjour à Singapour. Il aura globalement fallu une dizaine d’heures de cyber-paperasse au cours des semaines qui précèdent le voyage pour remplir tous les formulaires nécessaires. Ensuite, il nous a fallu sélectionner un vol Vaccinated Traveler Lane, réservé aux Français entièrement vaccinés pour éviter la quarantaine, à condition de produire un résultat négatif au test PCR avant le départ et à l'atterrissage. Les vol VTL se sont déroulés sans accroc, et quasiment pleins en classe économiques et business. Air France fournit des kits comprenant masques et désinfectants sanitaires ; dociles, les passagers ont soigneusement conservé leurs masques sauf pendant les repas. Bonne habitude à prendre ! À l'arrivée à Singapour, le test PCR s’effectue rapidement, d’autant plus que Changi est pratiquement désert. Un personnel conséquent, bardé d’équipements de protection individuelle est disponible pour assister les voyageurs à passer tous les points de contrôle habituels et résoudre les difficultés d’utilisation de l'application Trace Together, équivalent (limite Big Brother) de TousAntiCovid. Transfert direct de l’aéroport à l'hôtel et impossible de quitter la chambre jusqu'au retour négatif du test obligatoire qui arrive sous 12 heures maximum. Vous avez alors le feu vert pour quitter votre chambre et profiter de Singapour. Déjà réputée pour sa main de fer concernant la propreté et l'hygiène publique, la ville est passée au niveau supérieur, une Clean Taskforce sous la tutelle du Ministère de l'Environnement a été mise en place pour relever d’un cran les normes à l'échelle nationale. Partout. Tout le temps… Tous les centres touristiques, hôtels et centres commerciaux s'y sont engagés, l'effort est compris et respecté de tous, afin de prévenir la propagation du coronavirus et toute épidémie future. Leur crédo : « Ne pas se sentir impuissants face à ce scénario. Outre les efforts multiples pour lutter contre le virus, la responsabilité sociale et individuelle - à travers des actions simples - est un moyen efficace de ralentir sa propagation ». Singapour a vacciné plus de 88 % de ses 5,45 millions d'habitants, selon les données de l'Université Johns Hopkins. Au quotidien, cela se traduit par l’interdiction aux personnes non vaccinées d’accéder aux cafés, attractions, centres commerciaux et grands magasins. Des agents de distanciation vérifient le statut vaccinal des convives, au maximum 5 par table. Dans les food-courts, vous avez intérêt à trouver votre table disponible avant de commander. Et comme les locaux sont capables de passer à table non-stop de 10h à 21h, pas d’heures creuses pour combler celui de votre estomac. Le port du masque est obligatoire, pas question d’enfreindre la réglementation sous peine d’amende. On le porte partout, à l'intérieur comme à l'extérieur, sauf pendant les sessions de sport ou à table. La rigueur de ces règles peut constituer un choc pour les touristes, mais cela fait partie du plan local pour accueillir le monde à nouveau. Il faut savoir en profiter : Gardens by the Bay, autrefois bondé de touristes admirant les Supertrees, fusions de métal et de vigne hauts de 50 mètres (164 pieds) est quasi désert. Le National Orchid Garden, musée vivant d'orchidées avec plus de 3 000 variétés se visite sans bousculade, comme les collections du Musée national et du Musée des Arts Asiatiques. Les vraies contraintes : Les jauges des piscines et notamment celles sur le toit du Marina Bay Sands, réputées pour leurs bassins à débordement au 57ème étage, déjà réservées aux clients de l'hôtel nécessitent une réservation effectuée à l'avance pour 1h30 maximum par jour. S’il pleut et que vous souhaitiez bronzer sur les transats ou admirer un coucher de soleil, c’est raté. Idem pour les salles de gym et les spas. Sur l’ile de Sentosa, des règles de distanciation et le respect des mesures de sécurité sont en vigueur, avec de sévères jauges restrictives le week-end et les jours fériés. Hors des sentiers battus, et tellement inattendu, une demi-journée à Pulau Ubin offre un retour dans le temps. Pour se rendre dans cette petite île rurale au large de Singapour, loin des gratte-ciel brillants et des rues immaculées, un ferry (bumboat) part pour 15 minutes de traversée quand il fait le plein de ses 12 passagers. Les villageois habitent des maisons en bois de kampong, et vivent de l'agriculture et de la pêche traditionnelles Dans la rue principale, un vélo se loue pour 10 à 20 $ (7 à 15 €) selon son état de vétusté . Les pistes cyclables et les randonnées pédestres ouvrent l’accès aux zones de forêts côtières, plages et mangrove, à la découverte de plantes et d’espèces protégées, telles que des singes, varans et sangliers. Nous avons aussi adoré l’urbanisme historique d’Emerald Hill, ses maisons basses aux teintes ravissantes résistant sereinement aux centres commerciaux et à la circulation dense d’Orchard Road. Des boutiques colorées où le design côtoie le vintage, des maisons résidentielles, certaines transformées en cafés ou bars, aux carreaux Peranakan, moustiquaires en bois sculpté et aux portes en bois ajoutent ce caractère traditionnel. C’est bientôt l’Année du Tigre: son Baume apporte santé et bien-être grâce à une sagesse orientale éprouvée, estimant que personne ne devrait être contraint de mener une vie pleine et active à cause des maux, des douleurs et des malaises quotidiens. Probablement inefficace pour éradiquer la pandémie de la Covid19, mais ce sera l’année (du Tigre) ou jamais …
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